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Iran et nucléaire militaireA première vue, la perspective d'un Iran détenant l'arme nucléaire ressemble à un cauchemar.
Dans cet article - non pas que je trouve la perspective d'un Iran nucléarisée réjouissante - j'aimerai apporter quelques nuances sur la problématique du nucléaire iranien, nuances trop souvent occultées par des médias en mal de sensations fortes.
4 bonnes raisons de refuser à l'Iran la bombe atomique.
- Les déclarations tonitruantes d'Ahmadinejad sur l’existence de l’Etat d’Israël.
- Soutien auprès organisations menant des actions terroristes, avec en tête le Hamas et le hezbollah.
- Mensonge sur son programme nucléaire.
-Des initiatives provocantes.
L'Iran, un état hostile ? Pas si sûr...
Géographiquement, l'Iran est un îlot dans un océan sunnite sous influence occidentale. Cet environnement est de plus
instable, composé de multiples factions qui sont autant de terrains favorables à une éventuelle balkanisation du Moyen-Orient
sur une base confessionnelle (ce qui pourrait d'ailleurs très être un objectif à long terme des US). Considérer le programme
nucléaire iranien comme un programme d'agression ne devrait pas être le seul angle d'approche de nos diplomates. Si il y a
bien un consensus en Iran, c'est que le pays devienne une puissance nucléaire. Le contraste entre le soutien unanime au programme
nucléaire iranien et la faible popularité du gouvernement qui le prône, met clairement en évidence le traumatisme de la guerre Iran-Irak et
le sentiment d'isolement des Iraniens.
Empêcher l'Iran d'obtenir la bombe nucléaire est une mission quasi impossible.
Le veto chinoisLes sanctions économiques n'ont toujours pas fait leurs preuves. Certes ces sanctions pourraient être amplifiées jusqu'à
devenir insupportables pour le pays. Mais c'est jouer avec le risque concret de pousser l'Iran à la guerre, ce que ne
pourrait tolérer la Chine.
Le champ d'action limité des Etats Unis.Même si les US avaient la ferme volonté d'attaquer militairement l'Iran en "se limitant" à la destruction de son infrastructure d'enrichissement d'uranium, il n'est pas certain qu'ils aient les moyens d'assouvir cette ambition.
- L'Irak est un "bourbier" qui pèse déjà lourdement sur les finances US. Obama, qui s'est servi du retrait des troupes comme argument électoral ainsi que d'une économie plus centrée sur les citoyens américains, auraient du mal à justifier l'engloutissement de milliards de $ dans une nouvelle aventure militaire. Aventure militaire qui s'avérerait de plus certainement beaucoup plus coûteuses en soldats tués au combat. - Une attaque aéronavale appuyée par des missiles de croisière et des raids aériens serait moins coûteuse en terme de pertes américaines, mais le programme nucléaire iranien n'a rien de commun avec un Osirak ou une usine perdue au fond du désert syrien : celui-ci est délocalisé et en général très profondément enfoui. Seul l'utilisation de "mininukes" obtiendrait peut être des résultats probants, mais on parle carrément ici d'une violation du tabou nucléaire. Une utilisation présentée comme normale d'armes nucléaires seraient à mon sens une catastrophe aussi considérable en terme de prolifération nucléaire mondiale que le risque régulièrement dénoncé de propagation "d'armes sales" en cas de réussite de l'Iran de son propre programme nucléaire. - Une hausse drastique des hydrocarbures, en plus d'être fatale pour l'économie des pays en forte croissance comme la Chine comme dit plus haut, serait aussi désastreuse pour les économies occidentales et asiatiques développées. En fait, seuls les pays producteurs de pétrole pourraient s'épargner à court terme les conséquences d'une telle crise. Ou autrement dit, à ce jeu tous les pays, à l'exception pendant quelques temps des producteurs de pétrole, seront perdants. - L'Iran est certes isolé au milieu d'un océan sunnite avec l'Arabie Saoudite en tête, dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'éprouve guère de sympathie à son encontre. Cependant une agression militaire américaine sur son sol et il y aura unanimité pour la considérer comme une agression militaire contre l'Islam dans son ensemble. Les modérés arabes n'auraient pas d'autre choix que de suivre les réactions certainement explosives de la Rue, sous peine de se voir considérer comme des collaborateurs de l'agresseur. - Conséquence directe, des opérations terroristes pourraient avoir lieu sur le continent américain et l'Europe, et ce sans qu'aucune coordination ne soit particulièrement nécessaire. Les germes d'une troisième guerre mondiale pourraient alors poussés librement.
Nos opinions publiques s'illusionnent en pensant qu'une frappe militaire soit la solution efficace.
En conclusion, même si l'Iran détenait l'arme nucléaire, il est peu plausible que cela constitue une menace sérieuse sur Israël, à moins de prêter foi aux pulsions eschatologiques quelques peu caricaturales du président iranien. En effet, une attaque nucléaire sur Israël déclencherait l'anéantissement de l'Iran par une riposte nucléaire israélienne. L'arrogance appelle l'arrogance, et en fin tacticien Ahmadinejad en use et en abuse. Partant de là une normalisation de la Syrie, du Liban, un consensus entre israéliens et palestiniens, semblent être des moyens plus efficaces d'isoler et à terme de faire fléchir le président iranien que des discours va-t-en-guerre ou volontairement dramatiques de nos diplomates. Car à ce petit jeu, c'est Ahmadinejad qui continuera à mener la danse, et le monde ne pourra qu'observer impuissant l'inévitable accession de l'Iran au rang de puissance nucléaire.
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